Infographie Panama
Nous pourrions installer un bassin à poissons dans l'école pour améliorer notre santé mentaleIdée de groupe pour améliorer l'environnement
- Quelle est la différence entre un caillou et un avion ?
- Le caillou ne vole pas Matheesa, 9 ans
- Pourquoi a-t-on besoin des fleurs ?
- Pour s'en servir comme récipient pour boire Sarani, 10 ans

Résumé 

Au Sud Est de l’île aux épices de Ceylan, Sri Lanka, à proximité des parcs animaliers de Yala et Kumana, se trouve Panama, un village d’un millier d’habitants. Le village, dernier bastion humain au Sud avant la jungle, est bordé par une lagune et une longue plage avec de belles vagues adaptées à la pratique du surf. Panama reste cependant dans l’ombre de sa voisine, Arugam Bay qui concentre la quasi-totalité des touristes et surfeurs qui visitent la région. Lors de notre arrivée, à quelques mètres du village seulement, des dizaines de paons picorent, dans les herbes jaunes séchées par le soleil, les quelques graines grillées qu’ils arrivent encore à trouver dans les champs. Puis, juste avant d'arriver à Panama, un éléphant solitaire se balade à l’orée de la jungle.

Nouvelle expérience pour le projet, nous intervenons cette fois le week-end dans le cadre d’une association locale, et non dans une salle de classe. Une quinzaine d’enfants entre 8 et 12 ans ont été réunis dans une petite salle, faisant habituellement office de bureau pour une agence de safari. L’installation est sommaire, quelques chaises tout au plus que nous arrangerons au fil des ateliers.

Ce nouveau format apporte un certain nombre de contraintes. Les âges ne sont pas homogènes, les connaissances non plus. Nous ne pouvons pas par ailleurs compter sur l’aide d’un enseignant pour donner un coup de main dans l’organisation, et il ne sera pas possible d’assurer un suivi de notre action. Les enfants nous sourient et semblent contents d’être présents malgré cette proposition de « cours » supplémentaires en plein week-end.

A la distribution des cahiers, stylos, et bâton de colle, les enfants sont mi- émerveillés , mi- étonnés, ils n’ont d’habitude pas le droit d’utiliser de stylo bille avant le collège. De plus, c’est la première fois qu’ils utilisent un bâton de colle. Curieux, ils sentent l’odeur de la colle, s’amusent à la faire sortir du tube au maximum, puis, marquent leur nom dessus, et y collent des gommettes.  Tantôt assis sur une chaise, tantôt par terre pour écrire, les enfants suivent attentivement les ateliers que nous leur proposons. Sohan, un jeune Sri-Lankais de la capitale nous aide à traduire nos explications, ainsi que les réponses des enfants. Les enfants l’apprécient, et il facilitera la mise en œuvre de nos ateliers tout au long de ces deux journées.

Leurs connaissances en science ou géographie sont très limitées, car ce sont des matières qui ne sont pas enseignées avant la fin de la primaire/début collège. Malgré tout, ils sont curieux de voir des images d’autres pays, d’autres enfants. Ils connaissent les bases du recyclage, de la pollution, l’importance des arbres, et ont une bonne connaissance de la faune alentour. Pendant deux jours, les enfants seront attentifs, curieux et respectueux. On remarque pourtant une certaine jalousie, car les crayons distribués ne sont pas identiques ou encore face aux lettres qu'ils reçoivent des enfants de Nouvelle Calédonie. 

A la pause, les enfants viennent nous embrasser les pieds, en signe de respect au « guru » (enseignant). Notre interprète nous explique que cette pratique n’est pas commune et normalement plutôt réservée pour des pratiques religieuses. On organise pour la première fois quelques jeux de récréation afin de se défouler un peu et récupérer l’attention des enfants. Ils s'approprient rapidement les jeux proposés.

Les enfants aiment questionner ce qu’on leur dit, avec de temps à autre, des commentaires qui nous laissent sans réponse. Pour expliquer notre dépendance aux abeilles, nous expliquons que celles-ci permettent la reproduction des fleurs qui se transforment en fruit que nous mangeons. Un enfant nous rétorque alors : «  techniquement, nous n’avons pas besoin de manger, juste de boire… ». Ou à la question de pourquoi nous avons besoin des poissons, un élève répondra : « parce que c’est beau ».  

Il y a là, un début de réflexion, une certaine sagesse involontaire dans ces paroles d’enfants qu’il faudrait prendre le temps de creuser. Et si finalement, protéger l’environnement, ce n’est pas simplement protéger ce qui fait le beau, la complexité, le caractère unique de chaque être vivant, de chaque morceau de roche, de chaque paysage. Qu’au-delà de la séparation naturel / artificiel qui est elle-même une construction de l’homme et donc artificielle, il ne s’agit pas simplement de préserver la diversité du monde, notre première source d’inspiration, d’étonnement et de contemplation.