Infographie Sigiriya
Passer le balai, ça pollue car après ça nous fait tousserPrashadani, 10 ans
Nous habitons à Sigiriya, un site mondialement connu. Beaucoup d'étrangers viennent ici Lettre pour le Népal
Dans la jungle du Sri Lanka, il y a des éléphants, des tigres, des paons, des oiseaux, ... Lettre pour le Népal

Résumé 

Celui qui met les pieds à Sigiriya ne peut pas feindre d’arriver là par hasard, ou prétendre ne jamais avoir entendu parler de ce lieu. Et pour cause, Sigiriya, est un symbole national, une icône, l’endroit préféré des enfants de notre précédente escale, à Panama,  alors que vraisemblablement, ils n’y sont jamais allés. Et pourtant, l’endroit est perdu au centre du pays, entouré de forêts, au bout de la route, c’est un endroit par lequel l’on ne passe pas, c’est une destination en soi.

Sigiriya, c’est une formation géologique atypique, Le Lion’s Rock, que se dresse dans une palette de couleurs chaudes au milieu d’une vaste jungle verte. C’est aussi un joyau d’urbanisme du 5eme siècle dont les fontaines, jardins, et vestiges de palaces sont les empreintes sur cette roche de l’Histoire Sri Lankaise. C’est aussi, des peintures mondialement connues, les Apsaras de Sigiriya, qui auront inspirés de par leur beauté, des poèmes aux visiteurs tout au long du 6eme siècle jusqu’au 12ème siècle. Enfin, c’est une histoire marquante du pays, celle d’un conflit entre un monarque parricide, et son frère en exil, celle d’une fuite, puis d’un rêve de grandeur, en haut d’un rocher inaccessible, et dont la folie et l’ambition va lui permettre de réussir à réunir le génie de tout un peuple dans la construction de ce qui deviendra 1500 ans plus tard un monument du patrimoine mondial de l’Humanité.

Mais où est l’environnement dans tout cela ? Déjà, tout autour. Les arbres sont partout, ils recouvrent les maisons, les routes. Les singes, grenouilles, oiseaux, guêpes, crocodiles sont facilement observables. Et puis, l’afflux de tourisme, pour l’un des sites les plus visités du Sri Lanka, constitue en soi un véritable défi environnemental.

C’est donc par l’intermédiaire de notre hôte à Dambulla, Upul, lui-même enseignant à l’école de Sigiriya, que nous arrivons à organiser deux journées avec les classes de CM2 sur le thème de l’environnement. 56 élèves sont réunis, c’est une première. Des collégiens nous tirent un câble à travers la cour pour que l’on puisse avoir de l’électricité dans la salle, deux femmes ramènent de grosses marmites et distribuent du riz curry aux enfants. Puis, comme tout mercredi, c’est le rassemblement dans la cour, le discours du proviseur, l’hymne national et la prière. Il est 8h30, nous commençons les ateliers.

Les 2 enseignantes ne parlent que peu anglais, les élèves pas du tout. Durant les deux journées, Upul viendra nous aider à traduire entre deux de ses cours, puis un professeur d’anglais, et enfin à 10h, Ashen, un jeune homme rencontré la veille au jardin des épices arrive à la rescousse, s’absentant quelques heures de son travail pour nous filer un coup de main.

Cette journée sera pour nous éprouvante, il fait chaud, le vent se lève et s’engouffre dans la classe qui a des trous aux murs à la place des fenêtres, les enfants trop nombreux, sont agités et enfin, les connaissances en science et géographie sont, à l’instar de Panama, quasi inexistantes. De plus, les enfants semblent peu à l’aise avec nous, ils n’osent prendre la parole pour donner leur avis et ne poseront aucune question durant les deux jours.

Pour autant, il y a plein de petites choses très positives que nous constaterons au fur et à mesure. Les élèves sont extrêmement appliqués pour faire les dessins, les travaux de groupes se passent bien, les enfants échangent à voix basse, mettent en commun les idées, ils connaissent les bases pour le recyclage, le rôle des arbres, ou encore la pollinisation.  Ils veulent bien faire, et nous remettent leurs travaux à deux mains, cherchant du regard notre approbation.

Le lendemain, nous réduisons l'effectif à 31 élèves. L’enseignante n’est pas là ce second jour, mais nous avions préparé des traductions des consignes pour pouvoir commencer les ateliers sans notre interprète Ashen, qui heureusement a pu se libérer ce jour-là encore pour 10h. En matinée, des collégiens, allumeront un feu à 30 mètres de la classe pour brûler les différents déchets collectés dans la cour de l’école. Sans fenêtre, nous respirerons les fumées toute la journée, la station environnementale indiquant une concentration de CO2eq de 1500 ppm. C’est pour nous l’occasion de faire le cours sur l’air et de parler de pollution. Cette seconde journée sera beaucoup plus prolifique. Les élèves moins nombreux, sont plus attentifs, et la distance au tableau plus réduite. Malgré tout, le mutisme semble persister lorsque l’on pose une question ou si nous essayons de demander des volontaires.

C’est donc ici au Sri Lanka, un retour à nos débuts éthiopiens ; une culture étrangère (pour nous) et complexe, un système éducatif très éloigné de nos repères, une écriture que nous ne pouvons lire, et le tout dans une classe surbondée d’enfants avec qui nous ne partageons aucune langue pour communiquer. C’est aussi l’occasion de mesurer nos progrès sur la préparation des ateliers. Avec plus de matériel, une meilleure préparation en amont, des supports d’ateliers plus nombreux, nous avons pu au Sri Lanka apporter beaucoup plus aux enfants que nous le faisions à nos début.