Infographie Katmandou
Madame, quelle est votre caste ?Monika, 11 ans
Nous devons dire à nos voisins de ne pas détruire la forêt.Aashutosh, 11 ans
- Est-ce que tu peux jouer dans ton pays ?
-Oui, je peux jouer à parler! Aashutosh, 11 ans, dans sa lettre pour le Sri Lanka

Résumé 

Notre séjour au Népal coïncide avec Dashain et Thiar, les deux plus importantes fêtes nationales du pays. C’est donc les vacances scolaires ! Heureusement, Gagan, notre contact à Katmandou nous avait prévenu et a facilement trouvé deux écoles suffisamment intéressées par notre projet pour ouvrir leurs portes pendant 2 jours.

C’est donc à Katmandou, capitale du Népal, que nous découvrons notre première école gouvernementale népalaise. Dans la cour de l’école, le drapeau national flotte (le seul drapeau qui ne soit pas rectangulaire), Saraswati la déesse des connaissances veille sur les élèves et à côté de citations en népalais ou en anglais, nous reconnaissons les portraits de Gandhi, Shakespeare ou Rousseau.

Le directeur de l’école Shree Geetamata Secondary School nous accueille les bras ouverts et avec un bon Massala Tea. Il a géré tous les détails logistiques pour que nous puissions réaliser les journées Libellules en pleine période de fêtes. Les professeurs d’anglais font office d’interprète. La cantine étant fermée, une livraison de Momo (raviolis cuits à la vapeur) est prévue pour la pause du midi.

Nous nous installons dans la salle de réunion, au 4e étage du bâtiment reconstruit suite au tremblement de terre survenu en 2015. D’ici, nous avons une impressionnante vue sur Katmandou, les montagnes à l’horizon et sur Swayambunath – plus connu pour les étrangers sous le nom de Monkey Temple – qui domine en haut d’une colline.

Les 22 élèves arrivent petit à petit. Ils sont tous en classe « Grade 6 » et ont entre 11 et 14 ans. Nous comprenons rapidement qu’ils comprennent relativement bien l’anglais et ont beaucoup de vocabulaire. L’aide des enseignants est toutefois indispensable, notamment pour avoir un retour des enfants qui ne semblent pas très à l’aise en expression orale. Le deuxième jour, malgré quelques absents et l’excitation grandissante, nous poursuivons les ateliers pour une courte mais intense journée.

La notion de pollution semble abstraite pour ces enfants qui vivent dans une ville où nous trouvons l’air irrespirable et la rivière remplie de déchets. Dans leurs lettres pour les enfants du Sri Lanka, ils parlent de leur environnement propre. La notion de biodégradabilité, quant à elle, est tout à fait nouvelle. Certains pensent que les sacs en plastique peuvent être mangés par les petites bêtes et disparaissent rapidement.

Le discours des adultes quant à la protection de l’environnement est directement en lien avec l’image du pays et l’attrait des touristes. Ainsi, les enfants ont intégré l’idée que prendre soin de son environnement, c’est protéger les trésors nationaux classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Quelques codes sociaux et culturels nous échappent, notamment quand un enfant reste à la porte et demande l’autorisation d’entrer ou encore lorsqu’une élève nous demande quelle est notre caste. Cette fois encore, nous sortons de ces journées Libellule avec de nouvelles questions, des observations à mettre en lien avec d’autres rencontres et le sentiment d’avoir côtoyer un tout autre regard sur l’environnement.

Namaste !