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L’aventure touche à sa fin, tout du moins dans sa forme actuelle, et pour une ènième et dernière fois, nous reprenons notre rituel : on répartit nos affaires et celles du projet dans l’une de nos 5 valises, on pèse le tout, on réarrange, on re-pèse, et finalement, on se dit que pour une fois, on ne devra pas porter 10 kg de vêtements, poches pleines, à l’aéroport pour passer les contrôles.

Le dernier mois en Oman

L’Oman était au départ une escale pour rentrer en France. Nous en avons finalement fait une destination à part entière, et quel bonheur de finir ce voyage dans un pays si agréable.

L’Oman, souvent peu connu, est un grand désert, entouré par une chaine de montagne au Nord, montant jusqu’à plus de 3000m de haut, et de hauts plateaux au Sud près de la frontière avec le Yémen. Contrairement aux pays voisins, l’Oman bénéficie d’un climat plutôt agréable pour la région. Les montagnes permettent de récupérer le soir un peu d’humidité condensée sur ses flancs et de faire précipiter les quelques nuages qui s’engouffrent dans les terres depuis l’Océan Indien. Cette eau se concentre dans des rivières que l’on appelle ici des wadis, et qui permettent par un système astucieux d’irrigation, les falajs, de créer des oasis de verdure et des piscines naturelles on milieu de cet environnement aride. De plus, le Sud du pays, autour de la ville de Salalah bénéficie en été de la queue de la mousson indienne et permet de mettre en eau les wadis et de garder des températures fraiches quand le reste du pays peut atteindre les 50°C à l’ombre. Le pays est un bijou de géologie, avec des roches et du sable de toutes couleurs, et d’innombrables canyons creusés par l’eau à chaque pluie. Cette roche est souvent très friable et non soutenue par de la végétation qui, en dehors des wadis et oasis est quasi inexistante.

L’Oman s’est aussi un pays d’histoire, qui résista durant des siècles contre les différents colonisateurs : les perses, les turques, les perses encore, les portugais, les ottomans. Les guerres tribales étaient aussi courantes dans le pays. De nombreux vestiges de forts et de châteaux ont d’ailleurs été restaurés avec succès ces dernières années et peuvent être visités.

Le pays résolument tourné vers la mer, pour le commerce et la pèche, devint à son tour colonisateur au 18ème siècle en prenant possession de territoires en Afrique de l’Est (Zanzibar, Rwanda, Burundi, Tanzanie), au Pakistan et en Inde. Cependant, le pays n’a pas su prendre le virage de la modernité, sa flotte est petit à petit devenue obsolète, et ce grand pays de commerce, a dû laisser sa place dans la région, aux bateaux à moteurs étrangers. Le pays s’est ensuite appauvri, divisé, perdant ses colonies, et allant jusqu’à la guerre civile avec la tentative de cessation du Dhofar dans les années 1970. C’est alors que le Sultan Qaboos renversa en 1971 son père, lors d’un coup militaire, résolu la guerre civile dans le Dhofar (avec l’aide des forces spéciales britanniques), développa l’exploitation du pétrole, fit construire les premières écoles publiques, les premiers hôpitaux, et lança son pays dans la modernité. Après 49 ans de règne, le sultan est vu comme un messie. Chaque citoyen se sent redevable de sa générosité, de l’amélioration en une dizaine d’année des conditions de vie de tous les omanais. Le sultan souhaite développer la modernité tout en conservant les traditions et valeurs du pays, et l’on doit dire que c’est plutôt réussi.

Enfin, le pays fait partie des destinations les plus surs au monde. Le contact avec les gens est facile, bienveillant, et même fraternel. Combien de fois, des omanais se sont arrêté en voiture pour nous demander si on avait besoin d’aide. Combien de fois a-t-on été invité à partager un repas en bord de plage, ou à gouter au café avec des dattes. Toujours avec le sourire, sans rien attendre en retour. Il pratique ici un islam très pieux, mais extrêmement tolérant.

Pour cette dernière escale, nous avons finalement décidé d’intervenir dans une école, dans un contexte très différent de ce que nous avions l’habitude. Nous sommes allés à l’école Our Planet International School. C’est une école privé, sous contrat avec le gouvernement omanais qui compte environ 50% d’omanais. L’enseignement de l’arabe y est obligatoire ainsi que l’hymne national et les étirements le matin. L’école se veut tournée vers l’environnement avec de nombreux projets transversaux sur cette thématique. Le sol est recouvert d’herbes, il y a un petit potager, on y recycle tous les déchets…

On y trouvera des enfants extrêmement à l’aise à l’oral qui connaissent beaucoup de choses, même techniques sur l’environnement. Les enseignants sont aussi bien formés sur le sujet, et chaque occasion est bonne pour questionner les enfants et les faire trouver eux-mêmes les réponses. Bref, un plaisir pour nous à travailler dans une classe comme celle-ci, un plaisir de pouvoir aussi aller plus loin, répondre à des interrogations des enfants, parler d’ondes gammas, de nébuleuses, de biomes, de terres rares, …

Vous retrouverez l’article de notre passage dans cette école avec des photos sur le site internet.

Découvrir la classe Libellule omanaise!

Côté environnement, c’est plus complexe. Le gouvernement a un ministère de l’environnement et met en place toute une série de mesure pour protéger son environnement dans certaines localités. La pêche est règlementée, de nombreuses poubelles ont été installées près des routes et des parkings, les plages de pontes de tortues vers Raz al Hadd sont protégées, … Néanmoins, la pollution plastique est omniprésente, hors des villes, sur les plages, dans le désert. Des pneus crevés longent les routes et il ne semblerait pas que cela soit une priorité. Par ailleurs, les 4x4 circulent régulièrement hors des routes balisées, il est permis de camper en tout lieu public, et la réserve d’oryx a du être diminuées de 90% pour l’exploitation pétrolière ce qui a vu son inscription à l’ONU être retirée. Néanmoins, l’amour de la nature qui existe ici, entre tradition bédouine, et pratique d’une pêche artisanale, donne bonne espoir pour les années à venir.

Et pour la suite?

Pour l’année 2020, nous nous fixons 3 objectifs :

• Reprendre les travaux des enfants, nos notes, les enregistrements audios, les vidéos, les photos, les retours des enseignants, … afin de pouvoir compiler tout cela dans des articles et des podcasts que nous publierons sur le site afin de tirer les conclusions de ce projet dans différents pays du monde et répondre aux questions que nous avions soulevées en début de projet. Comment se représente –t-on l’environnement dans différentes régions du monde ? Quelles sont les principaux écueils dans ces pays, ainsi que les mesures mises en place ? …

• Faire un suivi dans les écoles où, nous sommes intervenus, organiser des journées Effet Libellule dans des écoles françaises et trouver des bénévoles pour reprendre ces ateliers autour de chez eux.

• Préparer un nouveau projet pour 2021. Nous souhaitons mettre en place des expositions basées sur notre voyage pour enseigner la protection de l’environnement sur une demi-journée, via une exposition, Nous aimerions aussi, mettre en place une bourse scientifique pour sponsoriser dans des pays en difficultés des études scientifiques. En contrepartie l’étudiant devra régulièrement produire des supports de vulgarisation de ce qu’elle ou il a appris en classe pour être publié sur notre site.

Le bilan de cette année 2019 est très riche et positif! Merci beaucoup de nous avoir suivis, soutenus et encouragés!