Infographie Nosy Faly

Résumé 

Sur la côté Nord de Madagascar, à proximité de l’ile de Nosy Be, s’étend l’ile de Nosy Faly.

L’école où nous avons posé nos mallettes et qui sert pour 5-6 villages des environs, est un bâtiment bioclimatique en fin de construction, qui vient remplacer l’ancienne école du village vieillissante qui prenait la pluie. C’est l’association de préservation de Nosy Faly ANF, qui, avec le financement de la fondation Akuo, a entreprit la construction de cette école qui sera alimentée avec 5 panneaux solaires et un lot de batteries.

Pour aller à l’école, il peut nécessiter de marcher 40 minutes à travers les rizières, la forêt de cajous, deux villages, deux rivières et une plantation de fruit de la passion. La valise avec le matériel pédagogique n’a pas roulé bien longtemps, les roues étant pleines de terre très rapidement. Sur le chemin, des enfants m’ont rejoint, nous avons contourné un serpent, les enfants se sont réhydratés à la rivière, puis certains ont grimpés dans les arbres pour cueillir le goûter.

La plupart du mobilier de l’école était endommagé et sera prochainement renouvelé. Les tables ne tiennent plus que sur deux pieds, et les enfants les maintiennent debout de leur main gauche. Seul un tableau troué et quelques craies cassées servent de support pédagogique à l’enseignant. Sur le bureau du maître, un vieux livre en français est recouvert de poussière. L’obscurité dans la salle se fait de plus en plus profonde que les rangées d’élèves s’éloignent de la porte d’entrée, seule source de lumière qui vient éclairer le tableau à travers un nuage de poussière, rémanence de l’entrée des enfants. Les élèves se serrent à 3 ou 4 sur des bureaux de 2 places. Ils sont 52, entre 9 et 15 ans et je n’arrive à peine à voir ceux du fond de la salle. La mise en place des ateliers a été laborieuse, de par la barrière de la langue mais aussi le niveau des enfants. Certains ne savaient pas écrire leur prénom. Il faut dire que les conditions ne sont pas bonnes, le matériel pédagogique est quasi inexistant, et quand bien même des stylos ou des cahiers sont apportés, ils sont souvent subtilisés pour se retrouver dans quelques foyers seulement.

A midi, la classe se termine, les enfants rentrent chez eux sous un soleil de plomb, pour aller aider, le plus souvent, leur mère aux tâches ménagères.

Le second jour, l’enseignant n’est pas venu, semble-t-il à cause d’obligations à la mairie et c’est le directeur qui a repris la classe pour m’aider dans la traduction. Pour une phrase de 1 minute, la traduction pouvait en durer 5. Je suspecte le directeur de n’avoir pas été fidèle dans sa traduction, pour influencer les enfants ou simplement les orienter vers de « bonnes » réponses. Déjà, l’effet de surprise commençait à s’estomper, et les premières turbulences sont apparues. De l’agitation générale, aux bavardages, mais aussi quelques cas de bizutage pour ne pas laisser s’assoir un élève, ou lui voler son stylo.

Ces enfants pieds-nus, m’ont fait forte impression. Ils connaissent parfaitement leur environnement naturel local , ils n’aiment pas beaucoup l’école mais l’école ne les aiment pas non plus. S’élever par l’éducation n’est pas une chance qui leur est donnée, mais même si cela était le cas, la plupart d’entre eux n’auraient même pas la possibilité financière de quitter l’ile, de payer un internat, de vivre loin de leur famille.

Il y a une souffrance exprimée par les enfants dans leurs lettres, dans leurs demandes répétées à l’aide, dans la dépendance à l’autre qu’ils entretiennent.